La société Studiocanal, a annoncé qu'elle allait sortir le film "Disco" de Fabien Onteniente en DVD et en VOD simultanément, le 2 octobre 2008, soit exactement 6 mois après la sortie en salles.
Le film sortira donc en VOD, sur la plate-forme du groupe, CanalPlay, le jour même de la sortie DVD (et Blu-Ray).
Il s'agit d'une des première entorses de taille à la chronologie des médias telle qu'elle résultait du protocole d'accord interprofessionnel sur le cinéma à la demande signé le 20 décembre
2005[1]. En effet, ce protocole prévoyait un délai de 33 semaines entre la sortie en salles et l'ouverture des droits VOD. Depuis l'expiration du protocole,
la plupart des ayants-droits avaient continué à en respecter les termes, notamment pour ce qui concernait la chronologie.[2]
Le décalage entre les sorties VOD et vidéo était destiné à protéger les éditeurs vidéo. Dans le cas de "Disco", Studiocanal est détenteur des droits d'exploitation sous forme de vidéogrammes et
des droits VOD du film (ainsi d'ailleurs que distributeur en salles); rien ne l'empêche donc de courir elle-même un risque sur son activité de ventes de DVD.
Studiocanal a ainsi anticipé le rapprochement des sorties VOD et DVD, qui constitue un des engagement des professionnels du cinéma dans le cadre de la mise en oeuvre des Accords Olivenne.
[1] Télécharger le texte du protocole.
[2] Voir l'étude publiée en novembre 2007
Par Philippe Leconte
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L'Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle (ALPA) a publié une étude selon laquelle 450.000 téléchargements illicites de films récents sont effectués chaque jour en France. Un chiffre
proche du nombre d'entrées en salles. Un film comme "Bienvenue chez les Ch'tis" serait téléchargé près de 10.000 fois par jour. Selon cette étude, les films américains comme "Iron Man" sont les
plus demandés avec plus de 20.000 téléchargements illicites par jour.
Malgré l'importance de ces chiffres, la demande n'est pas satifsfaite puisque selon l'ALPA les réseaux de peer-to-peer ne répondent qu'à moins de 40% des sollicitations.
A la lumière de ces données, on peut s'interroger de nouveau sur l'opportunité de déployer des accès internet à très haut débit: ne s'agirait-il que de faciliter le téléchargement illicite de
fichiers lourds (les films) de même que le haut débit a généralisé le téléchargement illicite de fichiers légers (la musique)?
Par Philippe Leconte
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Les organisations professionnelles du cinéma on signé avec Canal+ le 23 juillet 2008 un accord portant sur la catch-up TV. Cet accord prévoit une rémunération, non pas forfaitaire comme pour les
droits de télédiffusion classique mais proportionnelle à la consommation du service. La rémunération supplémentaire est ainsi fixée à 7% du prix d'acquisition multiplié par le taux
d'utilisation.
On ignore le pourcentage d'abonnés de Canal+ ayant la possibilité technique d'utiliser le service. Dans un premier temps, le service n'est accessible que sur internet et pour les abonnés via Free.
Le FAI Orange avance des "difficultés techniques" pour expliquer qu'il ne peut permettre ce service aux abonnés Canal via l'ADSL d'Orange. C'est pourquoi un taux minimal d'utilisation a été fixé,
pour les besoins du calcul de la rémunération supplémentaire, à 15%.
L'accord est valable 3 ans et comporte une clause de rendez-vous au bout d'un an. Il est probable que le taux d'utilisation reste faible et que le taux minimum devienne permanent. Cela signifierait
que les droits de catch-up TV auront été cédés globalement à Canal+ pour une obligation d'investissement supplémentaire extrêmement faible pour un media d'avenir: 12% x 7% x 15% = 0,126% des
ressources annuelles de Canal+ pour les oeuvres européennes, dont 0,0945% pour les oeuvres d'expression originale française.
Cliquer ici pour télécharger le texte de l'accord sur
la catch-up TV de Canal+
Pour un apperçu des problématiques liées à la catch-up TV, voir notre
étude de novembre 2007
Par Philippe Leconte
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Le site de commerce en ligne www.cdiscount.com s'apprêterait à lancer en septembre un service de vidéo à la demande gratuit proposant des films récents et de catalogue. Le service serait financé
par la publicité (annonces avant ou pendant le visionnage, incrustation de logo à l'écran). Cdiscount souhaiterait proposer 4 films gratuits par mois, l'un d'entre eux étant mis en avant chaque
semaine. Dans un premier temps, le service ne serait accessible que sur Internet.
Il n'est pas certain que Cdiscount parvienne à convaincre beaucoup de détenteurs de droits de lui confier les droits AVOD (Advertised Video On Demand, ou encore Free VOD). En effet, la valeur des
droits vidéo, des droits VOD locatifs et des droits TV d'un film proposé en AVOD est susceptible de chuter fortement. Par ailleurs, le choix du moment où l'AVOD s'insère dans la chronologie des
médias est délicat: placé trop tôt, l'AVOD détruit la chaîne de valeur, et placé après les exploitations de première exclusivité, elle a une attractivité très relative.
On peut penser que si l'AVOD a beaucoup de succès, les films seront usés et ne vaudront plus rien sur les autres médias; à l'inverse, si l'AVOD a une audience très faible, les annonceurs s'en
détourneront. L'AVOD serait-elle condamnée par ses caractéristiques intrinsèques?
Par Philippe Leconte
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Selon l'étude publiée par l'Observatoire de la VOD le 15 juillet 2008, 3.234 films sortis en salles de cinéma étaient disponibles en VOD fin mai 2008 sur les principales plates-formes françaises
(Canal Play, Orange 24/24, TF1 Vision, France Télévisions VOD, Virgin Mega, Arte VOD, Club Internet et Universciné). L'offre a donc progressé de 14,6% depuis janvier 2008.
L'offre est composée de 15% de films de nouveauté, de 23,7% de films ayant réalisé plus d'un million d'entrées en salles et de 46,3% de films français. Par ailleurs, si le taux de consommation par
utilisateur a légèrement baissé (3,5 actes payants par mois en moyenne), le montant moyen versé par utilisateur aurait légèrement augmenté. On voit sans doute là l'effet des politiques de promotion
de fin d'année 2007, qui sont parvenues à faire progresser le taux de pénétration de la VOD de 70% en décembre 2007 à 80% en mai 2008 (nombre d'utilisateurs connaissant l'existence d'une offre
VOD).
Par Philippe Leconte
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